The Conqueror Worms, de Brian Keene, quand les vers géants envahissent la terre

Depuis des jours, c'est le déluge et la pluie ne cessera jamais. L'eau monte encore et encore, tellement qu'après quarante jours les villes sont inondées et les survivants sont ceux qui ont pu se cacher au sommet d'une montagne ou sur le toit d'un gratte-ciel. Cependant, la catastrophe naturelle n'est pas le seul péril que rencontreront les survivants. Des entrailles de la Terre s'éveillent des créatures abominables... incluant des vers de terre géants mangeurs d'hommes !

L'histoire est racontée du point de vue de deux personnages, ce qui donne l'impression que ce roman est en fait un amalgame de deux novella. Le premier narrateur est un vieil homme écrivant ses aventures à la montagne alors que le second raconte comment les choses se passent dans les villes. L'un des deux est très attachant alors l'autre sert surtout à raconter une histoire. Ce changement de ton au cours du roman pourrait déranger certains lecteurs.

The conqueror worms est un roman d'horreur postapocalyptique qui, malgré les prémices un peu loufoques, présente des personnages attachants dans des situations tout à fait terrifiantes. Le développement du thème est ingénieux et l'origine des vers conquérants est liée à la cosmologie créée par Keene. Pour les amateurs de monstres géants, de littérature pulpeuse ou de scénarios de fin du monde, ce livre sera un plaisir. C'est aussi si cool que manger des vers en jujube avec des amis.

Sur son site web, Brian Keene publie sous forme de série une suite à ce roman : Deluge: The conqueror worms II. Tout ça n'est pas encore disponible en français.

Alone, de Poe, en musique

Le poème Alone de Edgar Allan Poe a été mis en musique à plusieurs reprises. Ce poème est idéal pour une chanson, car il n'a que 22 vers (non, pas des vers, des vers!). Commençons par lire le poème dans sa version originale

Alone, par Edgar Allan Poe (source).

From childhood's hour I have not been
As others were---I have not seen
As others saw---I could not bring
My passions from a common spring.
From the same source I have not taken
My sorrow; I could not awaken
My heart to joy at the same tone;
And all I lov'd, I loved alone.
Then---in my childhood---in the dawn
Of a most stormy life---was drawn
From ev'ry depth of good and ill
The mystery which binds me still:
From the torrent, or the fountain,
From the red cliff of the mountain,
From the sun that 'round me roll'd
In its autumn tint of gold---
From the lightning in the sky
As it pass'd me flying by---
From the thunder and the storm,
And the cloud that took the form
(When the rest of Heaven was blue)
Of a demon in my view.

Et maintenant, en musique, voici une version progressive-folk par Green Carnation. Cette version est bonne pour toutes les oreilles !



Ensuite, une version black métal avant-garde par Arcturus. Plus heavy cette fois.



Et finalement une version gothique néo-classique par Sopor Aeternus and the ensemble of shadows. L'intérêt de ce groupe est surtout dans son image dérangeante; le groupe est mené par un transgenre qui se prend pour une vieille fille dépressive...

Défi SF 2010

Voici un défi qui en intéressera plusieurs : le défi SF 2010. Pour les habitués de ce blogue, ce défi risque d'être simple, puisqu'il consiste en la lecture et la critique de trois romans de SF au cours de 2010. Il y a deux formes au défi, le défi simple SF et le défi crazy SF. Le premier consiste simplement en la lecture de trois romans sans contrainte alors que, dans le défi fou fou fou, les livres doivent être dans des sous-catégories de SF différentes. De mon côté, j'ai opté pour la catégorie folle.

Je lirai certainement Anathem, de Neal Stepheson et possiblement du Cory Doctorow ou du Maurice Dantec. J'aimerais aussi trouver un bon roman SF/horreur et il faudrait bien que je lise Dune ou peu de SF québécoise...

Au final, pour 2010, je vous promets un peu plus de SF sur le cryptonomiblogue.

Slither, de Edward Lee, une histoire de vers parasites

La première fois que j'ai lu du Edward Lee, je suis resté confus et je me suis dit que je ne lirais plus jamais un de ses livres. J'avais trouvé les personnages de Infernal Angel superficiels, l'histoire un peu conne et l'horreur gratuite. Cependant, quand il a publié Slither, je me suis laissé tenter, comme je me laisse trop souvent tenter par des couvertures avec des demoiselles en petites tenues enlacées par des monstres. À ce moment, j'ai compris que ce qui m'avait repoussé était exactement ce qui faisait l'attrait de Edward Lee, et celui des couvertures avec des dames courtes vêtues courtisées par des créatures indicibles. Depuis, je suis accro.

Slither raconte comment une bande d'helminthologistes (scientifiques qui étudient les vers), plus précisément de polychaetologistes (scientifiques qui étudient les vers de type polychaete), explorent une île isolée afin d'étudier un ver de la famille causant la trichinose.

Peu de temps après leur arrivée, ils réalisent que le ver est plus féroce que ce à quoi ils s'attendaient. Et plus gros, foutrement plus gros. En fait, il semble que plusieurs espèces de vers meurtriers se trouvent sur l'île, car une forme plus petite cause une étrange parasitose. Les symptômes incluent un teint jaunâtre, une attitude de zombie et, surtout, un appétit sexuel incontrôlable. S'ensuit une série de scènes juteuses à souhait qui mêlent savamment l'horreur et le sexe. Du Edward Lee typique.

Même si Slither est loin d'être parfait, il reste une lecture fort divertissante pour les amateurs de splatterpunk.

Note : Ne pas confondre le roman Slither avec le film d’horreur du même nom mettant en vedette Nathan Filion et des vers parasites.

Billets reliés :

Le ver dans la littérature d'horreur : une introduction.

Le ver dans la littérature d'horreur, une introduction

"C'est dégueulasse !", murmura-t-elle à sa voisine.

Marie-Marie-Maude, impressionnable étudiante en microbiologie, assistait à un cours sur les maladies infectieuses dans le pavillon des ti-docteurs à l'Université Laval. Le sujet d'aujourd'hui : les vers parasites. Défilaient sur l'écran, des images d'enfants avec des bouquets de vers blancs leur sortant du derrière, des opérations à la rate d'où s'extirpent de dégoutantes créatures filamenteuses. L'horreur !

Pourtant, rien de tout ça n'est fiction. Au cours des prochains jours, Marie-Marie-Maude apprendra le nom de tous ces vers par coeur.

Rien d'étonnant que le ver ait une place de choix dans le cinéma et la littérature d'horreur. Tout le monde se souvient du film Tremors ou des vers des sables de Dune. Dans mes prochains billets, je vous présenterai quelques oeuvres d'horreur qui nous terrifient avec ces créatures, parfois microscopiques, parfois dignes du Léviathan !

Billets reliés :

Slither, de Edward Lee

Le fils du King; quelques mots à propos de Joe Hill

Avec la sortie en format poche du roman de Joe Hill Le costume du mort, je me permets quelques commentaires sur cet auteur dont j'ai déjà parlé dans plusieurs billets.

Jusqu'ici, l'auteur n'a produit que des perles. Son recueil 20th Century Ghosts contient des merveilles et sa bande dessinée Locke & Key est fantastique. Son roman Le costume du mort (Heart-Shaped Box) raconte l'histoire d'une star du rock collectionneur d'objets insolites qui achète un costume (un complet) hanté. Il tente de se débarrasser de ce fantôme qui lui pourrit l'existence. Un roman sombre, drôle et macabre à souhait.

Joe Hill a une voix unique qu'on ne retrouve pas, à mon avis, dans la littérature d'horreur actuelle. Si on compare son style avec celui de son père (Hill est le fils de Stephen King), je dirais que Joe est plus trash, mais qu'il hérite de la capacité de conteur de son paternel. Un des avantages de Hill sur King, c'est qu'il va plus droit au but que son père, qui a tendance à faire des digressions épouvantables. Même s'il n'a, pour l'instant, qu'un seul roman à son actif, il est un auteur très prometteur et il mérite amplement de ne pas souffrir de l'ombre de son papa.

Son prochain roman, Horns, est prévu pour le 16 février 2009.

Le problème avec les zombi(e)s

-- Le problème avec les zombi(e)s, c'est...
-- ... qu'ils ont tendance à être réduits en bouillie par des ébats trop fougueux ?
-- Non Ray, c'est pas ça le problème avec les zombi(e)s.
-- Alors c'est quoi le problème avec les zombi(e)s ?
-- Le problème avec les zombi(e)s c'est qu'on ne sait pas trop comment l'écrire en français. Dans mon article sur Le protocole Reston, j'ai utilisé zombi, parce que je croyais que zombie avec un e n'était pas bon en français. Pourtant, j'aime mieux zombie avec un e, ça fait plus peur et ça a moins l'air de sortir de légendes vaudou.
-- Fred, selon Antidote, on peut l'écrire zombi ou zombie. Selon le ti-bob aussi. Pis Marie-Éva, ben elle n'en parle pas dans son Multidictionnaire, fake on a pas à se badrer avec ça.
-- Crap, j'aurais dû vérifier avant. Merci Ray.
-- Mais c'est quand même vrai que c'est trop mou un zombie. Voltaire le chante si bien...


Une fêlure au flanc du monde, de Éric Gauthier

Malick, un magicien autoproclamé, fuit ses ennuis et se retrouve dans la ville où il a grandi; St-Nicaise en Abitibi. En plus d'y trouver de vieux et de nouveaux amis, il devra affronter une secte aux pouvoirs terrifiants. Pour un résumé vraiment plus intéressant que celui-ci, visitez le site de Alire... Passons à la critique proprement dite.

J'ai lu Une fêlure au flanc du monde, de Éric Gauthier, avant de commencer à bloguer. C'est depuis ce temps que je me promets d'écrire à ce sujet et que je procrastine parce que j'ai oublié la majeure partie de mes commentaires. Ça fait quand même près d'un an. Depuis tout ce temps, je cherche un comparatif pour exprimer ma perception de ce roman et j'ai finalement trouvé.

Maintenant, quand je repense à d'Une fêlure au flanc du monde, je ne peux m'empêcher de penser à Clive Barker. Le Barker du Royaume des devins (Weaveworld), de Secret show (The great and secret show) ou du Maître de l'illusion (Lord of illusions). Le Barker qui crée des mythologies qui transforment notre perception du monde. J'avoue, c'est un gigantesque compliment, surtout quand on sait que Barker est mon auteur favori. Quand même, Une fêlure au flanc du monde est, sans aucune hésitation, le meilleur roman que j'ai lu en 2008.

Contrairement à Barker, qui puise dans un merveilleux grotesque et érotique pour alimenter ses romans, Gauthier puise plutôt dans une magie terre-à-terre. Et cela, à la fois du côté des méchants que de celui de Malick, le héros dont les pouvoirs s'appuient autant sur ses talents de baratineur que sur un surnaturel rationnel. Dans Une fêlure au flanc du monde, la magie reste un sous-entendu plutôt qu'une réalité. Encore mieux que ça, une bonne partie du surnaturel du roman prend sa force dans la perception de la population en général, comme si l'opinion publique dégageait une énergie mystique qui alimentait divers rituels. Le petit côté manipulation de l'opinion publique m'a particulièrement plu.

Même si les rituels magiques ont une place importante dans le roman, c'est le côté humain qui prend la première place. Le personnages sont développés à la perfection et leurs relations sont évoquées avec profondeur et réalisme. De plus, l'intrigue est menée à la perfection. J'espère revoir Malick dans de nouvelles aventures.

Une merveille de la littérature fantastique. Ne passez pas à côté.

Le coeur pourri, cinquième partie

Lastrem et Zerys ont repris possession du Coeur pourri et ont sauté du airship, au grand dam de Lia et Qiroy.

Voici la conclusion de cette histoire riche en rebondissements, avec la conclusion du synopsis de The rotten heart


Casting the feather fall spell as they reach the ground, Lastrem seems surprised when Zerys slaps him in the face. “I should make you swallow your pretty undead stories and ride your corpse back to Karrnath !”

Lost in the plains and followed by the airship, they follow the traces of a nomad halfling tribe. Arriving in the middle of a wedding, Lastrem improvises himself a wedding singer. Zerys follows, but he lacks Lastrem’s spontaneity. During a night of party and palaver, Lastrem seduces the bride, while Zerys gets interested in the burial rituals of the halflings. They leave in a hurry the next morning on a live glidewing, when they come across the halflings from whom they stole the clawfoots.

As they fly away, Lastrem suggests that they hide in the Q’barran jungle until the Order of the Emerald Claw forgets them. However, as they cross the Blade Desert, the Order of the Emerald Claw’s airship catches up with them. A tight chase ensues, killing the glidewing as they reach the Boneyard.

Zerys animates a dragon shaped skeleton to fight off Qiroy and his crew,
only to discover that he has no control over it. The skeletal dragon attacks Zerys but, when the landing airship disturbs a great pile of bones, the skeletal dragon turns it’s dusty breath to Qiroy and the airship’s crew. Lastrem and Zerys take this opportunity to flee but, as they get away, the dragon senses the magical power of the rotten heart. Treatening their lives, the dragon asks for the artifact. While Lastrem bargains for Lia’s life, Zerys inserts the artifact into the ribcage of his skeletal rat. Feigning reluctantness, Zerys surrenders this package to the dragon.

As Lastrem, Lia and Zerys flee the heat of the Blade Desert, a small creature climbs Zerys’ cloths to sit on his shoulder. A delicate putrefaction exhale from the undead, leaving Lastrem puzzled. “You’re not the only one capable of cunning, Lastrem”, says Zerys as he rips appart the rat’s ribcage to remove the rotten heart.

Et voilà comment se termine cette grande aventure. Malheureusement, elle ne fera jamais l'objet d'un roman (ou d'une suite de romans), car Wizards of the Coast ne soutiendrait pas un tel projet. Heureusement, la rédaction de ce synopsis et de ce chapitre m'a donné le goût d'écrire un roman d'aventure. En français cette fois.

Ce roman, c'est Cadavres de cristal.

Le coeur pourri, quatrième partie

Quand nous nous sommes laissées, Lastrem surprenait Qiroy avec un bon coup de poing sur la gueule et Lia retirait la dague qu'elle avait enfoncée dans le dos de Zerys...

As Lastrem struggled with Qiroy, trying to ignore his putrid stench, he saw Lia’s dagger gleam with a redish flash. “Zerys”, muttered Lastrem as he tripped Qiroy and sprung on his feet. “We’ll be on our way”, he said to Qiroy as he slashed at his face, aware that his musical magic would soon reach it’s end. Before he could reach Lia, his gaze was strung by a peculiar sight.

Lia was not struggling with Zerys anymore, but with a skeletal bird that peaked at her back. She had had no other choice than to leave Zerys alone and take care of the undead bird instead.

When Lastrem reached Zerys, he was standing and had backed up to the airship’s rail. “Nice wings”, said Lastrem as he took Zerys’ arm to lead him to the ship’s prow. He gripped the corpse collector’s shoulder, feeling the wound through his wool shirt.

Zerys, in a trance induced by his wound, let escape a cry when Lia clashed the bird on the deck. The breaking bone’s noise echoed in the air, like marbles falling on the floor, and left Zerys clinging to the rotten heart. His wound was not helping him regain his mind. Now that the bird’s bones laid scattered across the deck, they needed to get out of there as fast as they could. Lastrem gazed at Qiroy, who had made it back to his feet and was casting as he crossed the deck to catch them.

Zerys was in shock.

Lastrem had a plan, but Zerys wouldn’t survive if he wasn’t in good shape. He would only have a few seconds to heal his friend, so he began chanting immediately. He kept his voice low, but the magic fused from his lips, healing Zerys’ wound within a second. Too busy with his magic, he didn’t see Lia creep right under his nose.

The changeling surprised Lastrem with a strong kick behind the knee. Lastrem managed to keep his balance, but Zerys fell on the deck. He was just regaining consciousness.

* * *

When Qiroy noticed Zerys’ wound, he called the powers of the blood to fill his senses with an hunger for death. Praying, Qiroy advanced to Zerys, hoping that Lia would take care of Lastrem before his spell was done. Most of the crew had regained their senses and the elemental was regaining it’s fiery red glow. The acolyte shook from his fear ridden torpor and moved to Qiroy’s side.

While Lia took care of Lastrem, Qiroy pointed his hand at Zerys. Both men’s eyes locked when Qiroy shoved his hand in Zerys’ face. The necromantic energy fused from Zerys’ face through Qiroy’s hand, but the flow was halted within an instant.

“You’re not dying”, growled Qiroy as he unsheated his blood red steel dagger.

* * *

Zerys was still shook up, but he slowly regained his mind. When he opened his eyes, it was only to get his vision clouded by a withered hand. His skin tingled with negative energy as he felt his life slip trough his pores. He had almost resigned when he felt his life coming back. Qiroy swore and that was the only cue Zerys needed to smash the Blood of Vol priest in the gut. He jumped to his feets and looked at Lastrem, who had freed himself from Lia’s grasp.

“Stand back or I’ll throw it”, said Zerys as he extended his arm over the rail.

As he threatened to drop the rotten heart, Qiroy stood still, trying to make sense of what he just read on Zerys’ lips. Beside him, the acolyte backed up a few feet. Lastrem moved beside Zerys, always keeping Lia locked in his gaze. The changeling kept her knees crouched to spring at the first hint of Zerys droping the artifact.

“Thanks for the hospitality”, said Lastrem as he grapped Zerys’ arm. “Allow me to repay your kindnesses with a poem.”

“Choosing your face to suit your needs”, Lastrem began.

“I glanced at you, my mind was seized
Whatever look has your pretty face
I am trapped by your self-turning grace"

* * *

“Put off that mask, and we’ll stay together
For you’ve catched my rotten heart, forever.”

And he jumped.

The bastard jumped.

Leaving Lia with a wink, a bow, and an infuriated Qiroy at her side, Lastrem jumped, dragging Zerys and the rotten heart with him. As Lia bend over the rail to spot the rogues now falling from the airship, she heard Qiroy shout orders at the captain, who just regained his mind.

The ship started moving, they would soon land on the plains.

Lastrem had escaped, but Lia knew she would catch the thieves.

She always did.

Lisez la conclusion de The rotten heart demain, avec la dernière partie du synopsis !